Retraite dans la Ville - Méditations http://www.retraitedanslaville.org Chaque jour du Carême jusqu'au Dimanche de Pâques : méditez, priez et chantez l'office des vêpres avec les frères dominicains... sans bouger de chez vous ! La Retraite dans la Ville est une proposition de retraite spirituelle en ligne. Professionnels, expatriés, personnes agées, pères ou mères de famille, étudiants, chrétiens isolés... autant de situations pour lesquelles la Retraite dans la Ville a été conçue. Aujourd'hui, un désir authentique de spiritualité est exprimé sur Internet. En réponse, la Retraite dans la Ville est née. ©2012 Retraite dans la Ville fr-FR http://static.retraitedanslaville.org/images/default/logo_flux.png Retraite dans la Ville - Méditations http://www.retraitedanslaville.org Thu, 17 May 2012 12:16:03 +0100 <![CDATA[Psaume dans la ville]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-09 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-09 Mon, 09 Apr 2012 00:00:00 +0100 (psaume 33, verset 9)

Depuis la nuit de Pâques, Jésus Ressuscité vient transformer notre vie, par sa victoire sur la mort. Sa sortie du tombeau nous entraîne à lui laisser ouvrir nos propres tombeaux, comme ceux de nos peurs, de nos trahisons ou de nos manques d'amour. Lui seul, par son Esprit, a la puissance de nous réveiller, de nous relever, pour accueillir la « vie en abondance ».

A l'issue de notre chemin de Carême, les frères Dominicains de Lille et l'équipe de Retraite dans la Ville vous remercient pour votre fidélité et votre confiance. Et comme promis, nous vous invitons à nous retrouver, à partir du lundi 28 mai, lundi de la pentecôte, avec une nouvelle proposition ,« Psaume dans la Ville » !
Sur le site psaumedanslaville.org, du lundi au samedi, vous découvrirez chaque jour, un nouveau psaume. Nous avons voulu privilégier la forme « audio » en faisant appel à six comédiens, Maxime d´Aboville, Jean-Damien Barbin, Nazim Boudjenah, Claire Chastel, Marie-Sophie Ferdane et Michael Lonsdale.
Ils prêteront leur voix à la parole des 150 psaumes. Et Francesco Agnello avec son hang nous fera emprunter un chemin intérieur, et goûter ainsi la Parole.

Enfin, les lundis, mercredis et vendredis, un frère ou une sœur dominicains vous offrira sa méditation du psaume, avec son style et son éclairage singulier. Comme une manière d’apprivoiser, selon son cœur, les mots de ce livre de la Bible.

« Laissons Dieu nous apprendre à nous adresser à Lui ! ». Cette parole de Benoit XVI, au sujet des psaumes, nous indique la voix à suivre: parler à Dieu, sans faux-semblant, en toute vérité !

Chaque semaine, du 16 avril au 27 mai, découvrez deux nouvelles vidéos sur les psaumes.]]>
<![CDATA[Le fil rouge de la vie]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-08 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-08 Sun, 08 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Evangile selon Saint Jean, chapitre 20, verset 9)

« D’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » Cette parole peut nous paraître énigmatique. D’autant plus que nous pourrions méditer, en ce matin de Pâques, une parole plus triomphante ! Pourtant laissons-nous conduire. Le Seigneur désire toucher notre vie en profondeur.
Que s’est-il passé ? Marie-Madeleine annonce à Pierre et à l’autre disciple - la tradition l’appelle Jean - que le tombeau est vide. Vite, les deux apôtres courent au tombeau. Oui, il est vide. Pardonnez les détails : il est vide, celui qui est parti a pris soin de tout ranger, calmement, tout est en ordre. Ce n’est donc point un enlèvement : si ce l’était, on aurait pris le corps du mort avec le suaire, sans quoi il eût été intransportable.
Jean, qui est entré après Pierre, voit. « Il vit et il crut », dit l’évangile. Que s’est-il passé ? Il voit le tombeau de Jésus ainsi disposé, les Écritures viennent l’éclairer : les prophètes, les psaumes, tout vient à son secours pour qu’il puisse comprendre ce qu’il voit. Il voit et il croit que ce Jésus qu’il a suivi depuis le début est bien celui que Dieu a envoyé, le Messie dont Pierre a proclamé la divinité ; Jésus est bien le Fils de Dieu, Jésus est bien celui qui sauve le peuple, tous les peuples. Les Écritures montrent à Jean que Dieu, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, leur Dieu, donne sens à l’histoire humaine toute entière. Toute l’histoire biblique éclaire Jean car elle trouve sa cohérence en ce tombeau vide.
Voilà un chemin particulier. Il nous rejoint. La vie est pour nous tous un long chemin dont nous ne comprenons pas tous les méandres… Bien des événements nous semblent parfois ne contenir aucun sens particulier. D’autres, dont le souvenir nous est pénible, chargent notre conscience de regrets, de remords, de révoltes peut-être et il nous aura fallu bien des années pour trouver un peu de paix. D’autres souvenirs sont source de joie : voilà qu’un jour, au détour d’une lecture, d’une rencontre, d’une prière, ces événements, obscurs et lourds, joyeux et lumineux, s’éclairent ; un allègement se produit. Nous trouvons le fil rouge de notre vie. Tout devient lumineux. On sait pourquoi on est né ! Expérience de résurrection. Notre vie a un sens, une cohérence, elle ne court pas au hasard !
Pouvons-nous dire davantage ? Oui, il le faut. Pour Jésus, que veut dire ici qu’il est ressuscité ? Sa vie, sa passion, sa mort, tout cela a un sens : il nous a aimés jusqu’au bout. Son amour pour nous a présidé à tout. Il « fallait » qu’il fasse tout ce chemin : l’amour appelle à toujours se donner tout entier pour ceux que l’on aime, sinon il n’y pas d’amour durable. Or Jésus, le Fils de Dieu s’est donné tout entier.
Il en est de même pour nous. Lorsque nous découvrons le fil rouge de notre vie, qu’enfin nous entrevoyons pourquoi tout cela est arrivé… c’est toujours un appel à aimer. L’amour pour les autres donne sens à tout. Un élan de vie surgit, expérience de résurrection.
Demeure un mystère. « Il est ressuscité d’entre les morts ». Ce que j’ai dit est encore bien court. Il est ressuscité, qu’est-ce à dire ? Il est passé dans la vie ; son corps, notre corps humain, est entièrement emporté dans la lumière, tout de lui est en Dieu, il s’est assis à la droite du Père. Nos mots sont pauvres, mais ils sont vrais. Et, par le Saint Esprit, nous sommes tous corps du Christ, entrés définitivement en Dieu, nous sommes sauvés. Les expériences que je vous ai décrites sont des avant-goûts, les prémices de notre émerveillement devant le salut de Dieu.
Dans les évangiles, il y a d’autres récits relatant l’expérience de disciples découvrant le Seigneur ressuscité. Récit de Marie-Madeleine reconnaissant Jésus lorsqu’il prononce son nom, expérience d’une femme reconnue en son être profond. Récit des disciples reconnaissant Jésus à ses plaies : Jésus montre ainsi qu’il a souffert non à cause de nous - nous aurions une religion de reproche - mais qu’il a souffert par amour pour nous, et notre religion est celle de la miséricorde. Récit de l’apparition à Thomas, celui qui a tant de mal à croire et qui pourtant confessera la foi tout entière, bien plus que tous les autres, il dira : « mon Seigneur et mon Dieu ». Vous le voyez, il y a bien des chemins pour entrer dans la joie de la résurrection du Seigneur. Chemins de Pierre et de Jean aujourd’hui… Vos chemins, le mien, sont toujours ceux de Dieu.

Bonne fête de Pâques ! Christ est ressuscité ! Alléluia !
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<![CDATA[Que ton Nom soit sanctifié]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-07 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-07 Sat, 07 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Évangile selon Saint Jean, chapitre 17, versets 6 et 19)

Nous le demandons chaque jour. C’est même la première demande que nous exprimons quand nous prions le « Notre Père » : que ton Nom soit sanctifié !
Quand le peuple d’Israël avait été déporté en exil loin de sa terre, loin de Jérusalem et du Temple d’où rayonnait la sainteté de Dieu, le prophète Ezéchiel lui avait annoncé : Dieu va changer votre cœur. Vous avez le cœur dur, un cœur de pierre. Eh bien, dit Dieu, je vais ôter de votre poitrine ce cœur de pierre et je vais le remplacer par un vrai cœur, un cœur de chair, capable de tendresse, de justice et de bonté. Alors vous serez sanctifiés, alors c’est de vous que rayonnera ma sainteté.
Cela, c’est une vraie Pâque, un vrai passage de la mort à la vie, une vraie résurrection. La résurrection, ce sera d’abord celle de notre cœur qui était mort et qui redeviendra vivant, aimant. Car, comme le dit Jean, « celui qui aime, déjà, est passé de la mort à la vie. » Alors, dit Dieu, vous serez enfin capables de « sanctifier mon Nom » là où vous vivrez, que ce soit en terre d’exil ou sur votre terre ancestrale. La terre d’Israël, celle qu’on appelle la « Terre sainte », n’est pas sainte par elle-même. Elle l’est seulement par ceux qui l’habitent, si eux-mêmes sont participants de la sainteté de Dieu.
C’est nous qui rendons saints les lieux où nous habitons.
La sainteté de Dieu, c’est sa façon d’être : sanctifier son Nom, c’est modeler mes façons d’être et de vivre sur les siennes. Et si j’ai compris que la sainteté de Dieu est pour nous la source de la vie, « sanctifier le Nom de Dieu» c’est laisser la sainteté de Dieu irriguer notre terre humaine. Autrement dit, quand nous prions « que ton Nom soit sanctifié », nous demandons : donne-nous d’aimer comme tu aimes, d’être un peu plus comme tu es. Pour que quelque chose de toi soit manifeste, visible, ici et maintenant, à travers nous. Pour qu’un peu de ta sainteté soit tangible, à travers nous.
A travers ? Pas vraiment, en tout cas pas comme une simple vitre qui laisse passer le soleil. Non, il s’agit de beaucoup plus : c’est moi, dans mon humanité concrète, avec ma tête, ma liberté, qui rend tangible sur notre terre la sainteté de Dieu. Avec mon corps : mes mains qui caressent, soignent ou nourrissent ; mes bras qui embrassent et consolent ; mes yeux qui sourient à ceux que je croise ; mes oreilles qui écoutent et comprennent…
Alors la sainteté de Dieu est le souffle qui m’anime. Alors le Nom de Dieu est sanctifié.]]>
<![CDATA[Voici l’homme]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-06 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-06 Fri, 06 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Livre d’Isaïe, chapitre 52, versets 14-15)

Jésus, ce jour du vendredi, est conduit par les gardes devant la foule. Il porte une couronne d’épines et un manteau de pourpre. Alors Pilate le présente à la foule en disant : « Voici l’homme ! ». Mais les chefs des prêtres, les gardes, puis la foule crient : « A mort ! ».
« Voici l’homme » ? Pilate dit la vérité. Jésus, moqué, méprisé, défiguré, est homme. Autant et plus que ceux qui le bafouent. Rien ni personne ne peut nous faire perdre notre dignité humaine. Jésus témoigne ici pour toutes celles, pour tous ceux qui, de par le monde et au long des siècles, seront humiliés, torturés, tenus pour rien et mis à mort. Ils sont des hommes. Ils portent en eux l’image de Dieu.
Et non seulement voici l’homme, mais voici le Saint.
Les chefs des prêtres le prennent pour un dangereux contestataire, alors qu’en tant que prêtres ils auraient dû, les premiers, reconnaître en lui la présence, la sainteté de Dieu.
A nous, au contraire, de reconnaître en tout visage d’homme l’empreinte de Dieu. A nous de nous laisser prendre et toucher par les visages humains. A nous de ne jamais accepter qu’un visage humain soit défiguré au point de cacher la ressemblance à Dieu, la sainteté qu’il reflète.
« Et voici qu’il sanctifiera une multitude de peuples » : en ce vendredi saint, partout dans le monde, des femmes et des hommes se tournent vers Jésus crucifié pour lui demander de devenir eux-mêmes des êtres humains. Ce que nous sommes, il nous faut sans cesse le devenir : des humains selon le cœur de Dieu.
En ce vendredi saint, la sainteté passe du cœur de Dieu au cœur de Jésus. Du cœur de Jésus elle passe à notre cœur. ]]>
<![CDATA[La sainteté par les pieds]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-05 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-05 Thu, 05 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Évangile selon Saint Jean, chapitre 13, versets 14-15)

La sainteté pourrait-elle nous arriver par les pieds ? Oui, tout à fait !
D’abord parce que les pieds, c’est fondamental. Grâce à eux, nous pouvons aller et venir, partir et avancer. Le croyant est quelqu’un qui marche : il se met en route vers le pays que Dieu lui a promis. La sainteté, c’est un pays à atteindre.
Mais voilà, à force de marcher, les pieds se salissent, se fatiguent. Surtout quand nous nous sommes égarés, loin du chemin de Dieu. Ces pieds fatigués, ces pieds qui nous ont égarés, Jésus nous les lave lui-même, en un geste émouvant de service, d’acceptation, de communion.
La sainteté nous arrive aussi par les pieds des autres, car c’est maintenant notre tour, dans le même esprit, de nous laver les pieds les uns aux autres. Les autres tels qu’ils sont : avec leurs pieds sales, fatigués, douloureux parfois.
C’est dans ce geste concret que nous touchons à l’essentiel de la sainteté : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Tout découle de là dans l’ordre de la sainteté, tout se résume à cela. « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le, vous aussi », nous dit le Christ aujourd’hui. La sainteté, c’est de ressembler au Christ : en lavant les pieds des autres, on y est directement.
En ce Jeudi saint, Jésus nous accueille à sa table, à la messe. Il nous y donne son corps en nourriture, son sang pour boisson. Puis il nous dit : « Faites cela en mémoire de moi ». Comme il a dit : vous aussi lavez-vous les pieds les uns aux autres, il dit maintenant : vous aussi, donnez de vos forces, de votre temps. Donnez de vous-mêmes pour que les autres mangent et vivent.
Alors vous serez saints comme Dieu est Saint.
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<![CDATA[La sainteté, combat de chaque jour]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-04 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-04 Wed, 04 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Évangile selon Saint. Jean, chapitre 13, verset 21)

Jésus est à table avec ses disciples, Pierre, Jean, Thomas, Judas… Il le sait, c’est le dernier repas qu’il prend avec eux. Tout à l’heure, Judas ira chercher les soldats pour venir l’arrêter. Pierre va le renier. Les autres vont fuir.
Alors Jésus est bouleversé au plus profond de lui-même, ce même bouleversement qu’il a éprouvé chaque fois qu’il a rencontré la mort des autres. Le mal dans toute sa violence. Pourquoi ces hommes avec lesquels, depuis trois ans, il a tissé des liens si profonds, vont-ils le laisser ainsi tomber, le trahir ? Pourquoi tout ce mal qui sans cesse reflue sur l’humanité et la recouvre, détruisant tout ce que Dieu a voulu pour nous ? Pourquoi la mort, au bout de ce chemin d’amitié ?
Jésus est bouleversé, mais il fait front. La sainteté c’est, ce sera toujours, un combat. Le combat de l’amour contre la haine aveugle. La sainteté ne naît pas dans notre monde comme une fleur. C’est toujours une victoire difficile, douloureuse, sur le mal, d’abord en nous-mêmes. Ce combat ne devient pas plus facile avec les années : ce sont les saints qui mesurent le mieux, au plus profond d’eux-mêmes, leur capacité jamais définitivement surmontée à dire non aux autres et à Dieu.
La sainteté est un combat à reprendre chaque jour contre le mal : celui dont les autres, dont moi-même nous sommes capables. Avec, pour seule arme, la volonté désarmante de faire grandir l’amour. Avec, pour seule force, celle du pain de chaque jour : celui que le Christ vient rompre avec nous.]]>
<![CDATA[Une flamme à transmettre]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-03 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-03 Tue, 03 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Livre d’Isaïe, chapitre 6, versets 1-3)

En réalité, seul Dieu est saint. Il est le « trois-fois-saint ».
Trois fois : parce qu’il est l’Amour absolu ; parce que cet amour est fécond en permanence ; parce qu’il s’enrichit en retour de l’amour, de la sainteté qui naît en nous.
Dieu est flamme de feu, et la sainteté est comme la flamme : quand Dieu la partage avec nous, non seulement il ne brille pas moins, mais à notre tour nous nous mettons à briller. Et entre nous aussi cela se transmet. Quand la flamme brûle en moi, plus je la partage, plus la lumière augmente. C’est ce que nous ferons la nuit de Pâques quand, de la flamme du cierge pascal, nous nous transmettrons la lumière. Le cierge pascal est un grand et beau cierge : il représente le Christ.
Mais la flamme de nos lumignons n’en est pas moins la même flamme. Jésus, le saint, nous transmet sa flamme pour que nous soyons nous aussi saints.
C’est ce qui s’est passé quand une flamme est venue se poser sur les disciples de Jésus, le jour de la Pentecôte. C’est ce qui se passe pour nous quand l’Esprit Saint, le souffle de sainteté de Dieu, vient enflammer d’amour nos esprits et nos cœurs.
Une flamme, bien sûr, c’est fragile : ça peut s’éteindre. Mais heureusement elle peut aussi se rallumer. Là où la flamme vacille, Jésus vient la ranimer. Car Dieu tient à notre sainteté. Mieux, il nous fait responsables de la sainteté au sein de l’humanité.
La flamme de Dieu, personne ne peut la voir. C’est notre flamme qui la fait briller au milieu des hommes.]]>
<![CDATA[La sainteté, ça sent bon]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-02 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-04-02 Mon, 02 Apr 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean, chapitre 12, verset 3 )

Un parfum de grand prix, voilà le présent qui est offert à Jésus par Marie, la sœur de Marthe et de Lazare. Toute une livre de parfum que Marie verse sur les pieds de Jésus, si bien que la maison entière s’emplit de ce parfum très pur. Jésus, nous dit l’Évangile de Jean, était ami de cette famille où il avait plaisir à venir. Mais ce jour-là, le geste de Marie va plus loin que l’amitié : Jésus est comme l’autel du Temple sur lequel on offrait du parfum à Dieu. Le geste de Marie dit la sainteté de Jésus.
On dit de certaines personnes qu’elles sont « mortes en odeur de sainteté ». Car il est parfois arrivé, de fait, que le cadavre de quelqu’un qui a vécu proche de Dieu dégage non une odeur de mort, mais au contraire un extraordinaire parfum !
C’est que la sainteté parfume la vie. Les enfants, pour parler du parfum, disent souvent « le sent-bon ». Oui, la sainteté de quelqu’un, ça sent bon. Quand quelqu’un vit un tant soit peu de la sainteté de Dieu, on peut sentir sa bonté.
Une façon de vivre cette « semaine sainte », ce sera de faire grandir en nous notre propre bonté, pour qu’elle embaume autour de nous et que toute notre maison en soit remplie, que tout notre entourage en bénéficie. Ce sera aussi de développer notre odorat, pour découvrir tous les parfums de bonté de tant de personnes à côté de nous.
La sainteté, ça a toujours un parfum de bonté.

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<![CDATA[Plus grand que mon cœur]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-31 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-31 Sat, 31 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Première Epître de Saint Jean, chapitre 3, verset 20)

J’ai vraiment envie d’être acteur de ma vie et d’être maître des situations dans lesquelles je me trouve. La vie spirituelle m’est précieuse aussi pour cela. La relation avec Dieu et la prière m’aident à m’améliorer et me maîtriser. Par la prière, la confession, la lecture de la Bible, peu à peu je commence à m’approcher de moi, à m’unifier moi-même. Et cela à tous les niveaux : spirituel, psychologique et même physique.
Mais voilà, quand j’arrive à être complètement sûr de moi et assuré dans mes relations, quand je commence à me sentir confiant et fort, tout à coup, il arrive quelque chose qui me déchire, qui détruit mon oasis de tranquille sérénité. Je pleure ou je rougis.
Et je suis à nouveau étonné de voir combien je suis imprévisible. Avec quelle facilité je suis vulnérable aux impacts extérieurs et intérieurs. Mon propre cœur lui-même ne m’obéit pas toujours. Il me demande trop ou me condamne rapidement….
Mais ce soir, en allant prier les vêpres, je me réjouis. Tu es plus grand que mon propre cœur. Tu le connais tout entier. Tu connais toutes les intentions qui sortent de lui. Mes relations, tu les estimes mieux que moi-même. Je ne suis plus seul avec mon savoir, plus prisonnier de mon assurance.]]>
<![CDATA[Pour que ce soit plus facile d’aimer]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-30 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-30 Fri, 30 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Première lettre de Paul aux Thessaloniciens, chapitre 5, versets 16, 18,19, 21)

On constate une tendance un peu étrange dans la vie des chrétiens : ils aiment poursuivre en permanence leurs défauts la colère, la méchanceté, le péché. Ils les cherchent et essayent toujours de les réparer. Il semble que cela ait des conséquences non seulement sur les relations avec soi-même, mais aussi avec son prochain. Si je suis avec mon prochain et que je reste en même temps concentré sur mes faiblesses ou mes tentatives pour les corriger, il sera difficile d’obtenir des fruits.
Un jour, un frère nous a donné, à nous jeunes religieux, un conseil. Il nous a dit que dans la vie communautaire l’important c’était d’être « d’abord toujours bienveillant ». C’est un point de départ nécessaire.
Mais il est devenu inaccessible pour moi toutes les fois où je n’ai pas été d’abord bienveillant envers moi-même. Il n’est pas facile de vraiment aimer l’autre si l’on ne s’aime pas soi-même. C’est pour ça que parfois, je dois arrêter la lutte contre moi-même et trouver de bonnes choses sur moi.
Dans l’Evangile, il y a toujours des passages qui nous laissent indifférents, et d’autres qui nous paraissent trop exigeants. Mais quand nous en trouvons un qui nous attire, dont nous disons : « C’est bien vu » ou « Jésus a été formidable sur ce coup là ! », alors c’est là que nous nous approchons de nous-mêmes dans toute notre profondeur. Ce n’est plus le moment de lutter contre ses défauts mais plutôt de soigner la lumière qui déjà est en nous. L’image divine en nous, notre ressemblance à Dieu. Alors, tout peut commencer. Avec moi, avec l’autre. ]]>
<![CDATA[Sept minutes pour le prochain]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-29 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-29 Thu, 29 Mar 2012 00:00:00 +0100 ( Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 24, verset 15. )

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante » dit le Petit Prince. Mais moi, je suis très occupé. Parfois, je suis pris par mes affaires complètement et ce n’est pas si facile de s’en retirer. C’est parfois même impossible. En descendant de Jérusalem à Emmaüs, deux disciples ont, eux aussi, été noyés dans leurs affaires. J’imagine que c’était l’un des obstacles pour reconnaître Jésus… Il fallait qu’ils se retirent de leurs soucis pour arriver à dire : « Reste avec nous !».
Au quotidien, cela nous arrive aussi : nous sommes pris dans nos affaires, nos soucis, c’est la vie ! Mais, tout à coup, nous nous forçons à nous extraire de nous-mêmes pour entrer en relation avec autrui.
Cela n’est pas toujours évident. Cinq minutes ? un petit détail qui n’est pas très important par rapport à la multitude de mes occupations. C’est un poncif, la réponse standard pour une action rapide : « cinq minutes » me dis-je. Ce n’est pas très agréable, mais je peux quand-même sacrifier cinq minutes pour quelque chose que je n’ai pas prévu, ou pour quelqu’un qui tout simplement m’arrache du temps. Si j’ai quelques personnes proches de moi dans ma vie, c’est bien parce que, à un moment donné, je leur ai consacré un peu de mon temps si cher… donc non pas cinq, mais sept minutes pour mon prochain !
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<![CDATA[Il fit semblant d’aller plus loin.]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-28 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-28 Wed, 28 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 24, versets 28 et 29)

Jésus est bizarre. Encore…
Un peu plus loin, nous lisons dans ce récit de l’évangile que Jésus a touché les coeurs : «Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? ». Il enflamme le cœur des disciples et ensuite il fait semblant d’aller plus loin.
Et combien de fois ai-je voulu que Dieu me séduise, une fois pour toutes ? Combien de fois, ai-je dû choisir, chercher un sens, fût-il lointain ? Combien de fois ai-je dû trancher, douloureusement, au nom de ma conscience ? Sans bien savoir, j’ai dû dire : « non », et cela m’a coûté. Car rien, ou si peu, dans notre monde, me poussait à le faire. Combien de fois ai-je brûlé, au désir de Dieu, mais sans me consumer tout à fait ? Car la flamme passait, usée par le temps, comme un premier amour, déjà envolée, comme un vœu jadis ardent, auquel on ne songe plus.
Combien de fois ai-je voulu que Jésus vienne, enfin, me terrasser par sa Bonne Nouvelle, pour me convertir tout à fait ? Un Jésus triomphant, pascal, radieux comme sur l’icône. Mais non, chaque jour, de nouveau, il faut me décider.
Mais Jésus fait semblant d’aller plus loin. Quel est ce « plus loin » ?
Mais finalement, le quotidien reste identique à lui-même. Je peux, si je le souhaite, laisser Jésus s’en aller plus loin. Et moi rester dans mon monde. Ou je peux tenter avec lui ce « plus loin ». « Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (livre de Apocalypse, chapitre 3, verset 20)]]>
<![CDATA[En marge de nos cœurs]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-27 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-27 Tue, 27 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Psaume 102, versets 15-16)

Juste à côté du couvent il y a un grand cimetière. J’aime bien me promener là-bas. C’est toujours très tranquille. Parfois on peut lire sur les tombes l’histoire d’une vie : à quel âge est-il parti ? Avait- elle un mari ? Avaient-ils des enfants ? Parfois on apprend même la situation sociale du défunt. L’épitaphe, aussi, nous parle. La tombe est-elle entretenue ? Vient-on la visiter ? Parfois, comme un gamin, je commence à m’amuser en comptant mon âge et combien il me reste encore à vivre.
Le soleil brille dans ce cimetière, et je commence à sentir progressivement que mon esprit et ma façon de penser deviennent plus équilibrés. Suis-je inquiet pour ce qui compte vraiment ? Est-ce que je vis pleinement ce moment? Est-ce que j’arrive à aimer celui qui m’est proche? Après tout, vous ne savez ni le jour ni l’heure …
Aujourd’hui, les cimetières sont de plus en plus loin de nous. A la marge de nos villes, en marge de nos cœurs. Quand j’étais gamin, plus de gens se promenaient dans les cimetières. Aujourd’hui, ils sont déserts. C’est dommage, non ?]]>
<![CDATA[Pas dans l’activité]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-26 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-26 Mon, 26 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc, chapitre 10, versets 41-42)

Je parlais hier avec un frère du chemin que nous avons choisi. Finalement, nous nous retrouvons tous impliqués dans un large éventail d’activités. Nous nous réalisons dans le travail et tout ce que nous faisons. Les psychologues disent qu’à la différence des femmes, les hommes trouvent plus facilement le sens de leur vie dans leurs actions. Et cela pourrait sembler suffisant - s’épanouir soi-même dans le travail à faire. D’ailleurs, dans le livre de l’Ecclésiaste nous lisons : « J’ai reconnu qu’il n’y a de bonheur pour eux qu’à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie ; mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c’est là un don de Dieu » (Ecc 3, 12-13).
Mais soudain, mon frère, qui a deux fois mon âge, m’a dit : « Mais ça n’a pas de sens !». Comment ça ? « On s’active, mais ce n’est pas l’essentiel. En fin de compte, nous cherchons toujours des relations. Il n’y a qu’elles pour combler une vie ».
Et voilà que je comprenais que plongé dans mon travail, attentif à ce que je devais dire ou ne pas dire, à force de me protéger derrière les codes de politesse que je finirai bien par maîtriser parfaitement, je risquais de perdre le sens de l’essentiel : la relation avec l’autre.]]>
<![CDATA[A la recherche des idées perdues]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-25 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-25 Sun, 25 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean chapitre 12, verset 24-25)

Et voilà que Dieu exige encore quelque chose de moi.
Ma première réaction en lisant ces deux lignes : quelle impertinence ! Comment puis-je ne pas aimer ma propre vie ? Nous pouvons appliquer ces phrases aux moines du moyen-âge qui sont enfermés, qui jeûnent, qui se flagellent et ne vivent pas cette vie, mais attendent la vie éternelle. Mais moi, qui suis le fils d’une époque centrée sur l’amour de soi, d’une époque où nous profitons de la joie et des ressources de la vie jusqu’au bout, d’une époque où l’individualité de la personne est un bien essentiel, d’une époque où mon opinion est intouchable, comment puis-je comprendre ce texte dans un tel contexte ? Eh bien c’est une idée absurde.
Si quelqu’un aujourd’hui me disait qu’au lieu d’aimer et de profiter de la vie il préfère se détacher du monde, je le regarderais de travers.
Lorsque je pense à mon propre chemin, j’ai du mal à dire si j’ai commencé par chercher Dieu ou par me chercher moi-même. Peut-être est-ce Dieu qui a commencé à me chercher… Peu à peu, j’ai découvert la force que, je l’espère, Dieu a mise en moi. J’y ai puisé. Puis j’ai découvert que je ne pouvais pas suivre le rythme. C’était trop pour moi. J’avais besoin de faire des choix et prendre des décisions qui ne sont pas toujours faciles et même parfois très difficiles et douloureuses. Alors, j’ai pensé que faire un choix et y rester fidèle, c’était là le détachement dont parle Jésus.

Je suis allé plus loin et je me suis précipité sur mes défauts. J’ai commencé à sentir qu’ils pouvaient me tuer, pas pour la vie éternelle, mais me blesser dès ici-bas. Alors j’ai appris à me protéger par la prière, par le travail sur mes sentiments et sur mes relations. J’ai été fasciné par la capacité humaine à vite oublier les choses. Le cheminement spirituel demande de la persévérance et j’ai appris à me forcer pour ne pas lâcher ce que j’avais commencé. Parfois j’ai voulu cueillir les fruits tout de suite. Mais j’ai été obligé d’attendre assez longtemps les résultats. Parfois il me semblait que j’étais déjà à l’aise avec une certaine vertu. Mais dans les épreuves, je découvrais que ce n’était pas le cas. Le grain de blé qu’on sème a besoin des saisons pour germer et grandir, avant de donner un épi mûr ; et la démarche spirituelle, elle aussi, demande du temps.
Alors j’ai pensé que faire ce chemin et y rester fidèle, c’est la leçon que nous donne Jésus en nous montrant l’image du grain de blé.
Plus tard, j’ai commencé à comprendre que le sens de la vie se trouvait dans les relations. Jusque-là, il me semblait plutôt que les autres violaient mes intérêts, m’empêchaient d’être moi-même et m’imposaient leur volonté.
Mais aujourd’hui le message que je trouve dans ce texte, dans le contexte de ma vie, de mon propre parcours avec Dieu, est bien l’importance des relations. C’est justement sur ce terrain des relations que je peux continuer mes deux recherches essentielles : celle d’un Dieu qui donne à ma vie son sens, sa dimension sacrée, et celle de ma manière unique, irremplaçable, de vivre cette vie qu’il me donne. Il devient alors difficile de distinguer les relations avec Lui des relations avec mon prochain, car ces relations forment un même chemin : un chemin de sainteté.]]>
<![CDATA[« Veille ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-24 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-24 Sat, 24 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 25, verset 13)

Je vais clore cette semaine de méditation sur cet ordre simple, qui résume bien les autres : « Veille ! ». Veiller, c’est prendre son tour de garde pendant que tout le monde se repose. C’est tenir le cap pendant la nuit. Seul entre les étoiles et la mer. La mer est calme. Pas de tempête à l’horizon. Pas de grand drame en perspective. C’est la situation la plus fréquente dans nos vies. Heureusement d’ailleurs qu’on ne vit pas sur la brèche vingt quatre heures sur vingt quatre.
Et dans cette nuit étoilée, veiller c’est garder fermement le cap de l’amour, du pardon, de la joie, du don de soi. Ne pas s’endormir sur des acquis faciles. Ne pas se contenter de petits arrangements mesquins.
Veiller, c’est aussi apprendre à cultiver de bonnes habitudes.
Heureusement d’ailleurs que tout ce que nous faisons dans notre vie n’est pas le fruit d’un combat intérieur déchirant ! Heureusement qu’on peut passer de temps en temps en pilotage automatique. Lâcher la barre, et se reposer. S’il fallait chaque dimanche revivre le drame de décider de se lever ou pas… s’il fallait chaque jour se battre contre son égoïsme… on n’aurait plus d’énergie pour le bonheur.
Mais veiller, c’est surtout guetter en nous les mouvements de l’Esprit saint. Apprendre à développer ce sixième sens qui nous permet d’apercevoir son action en nous. Cet Esprit de Dieu qui est en nous plus que nous-mêmes, qui crie vers Dieu le Père, qui fait de nous des fils, et qui nous fait nous dépasser.
Cet Esprit qui est la vie même de Dieu, dans notre vie.]]>
<![CDATA[« Réjouis-toi ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-23 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-23 Fri, 23 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 10, verset 20)

C’est mon préféré. L’ordre totalement absurde, s’il est pris dans sa dimension affective (« Je t’ordonne d’être joyeux ! », ben tiens !) mais qui prend tout son sens quand on le comprend comme la joie réelle, sûre, claire, simple, que tout est dans la main de Dieu, que son Fils nous a définitivement sauvés, que sa mort et sa résurrection nous ont libérés de nous-mêmes et du monde pour nous faire vivre de sa vie, qui est éternelle.
Et cette joie-là, c’est au pied de la Croix, un vendredi, que je peux le mieux la contempler à l’œuvre en moi. C’est comme ça que je sais que je ne suis pas en train de me raconter des blagues.
Évidemment, en surface, il y a des hauts et des bas, des pleurs et des rires. La perte d’un être aimé, l’échec professionnel, la dépression laissent des marques en nous.
Et c’est bien de pleurer, c’est normal de ressentir de l’abattement.
Mais ce que je peux ressentir n’a pas beaucoup de consistance face à cette joie-là. Il nous faut donc trouver en nous le poste d’observation d’où nous pourrons regarder tout cela avec du recul. Sans que ça soit la fin du monde.
Quand Jésus nous commande de nous réjouir, il nous demande simplement d’ouvrir les yeux sur le bonheur profond qu’il y a à être dans la main de Dieu, à n’avoir plus peur ni besoin de rien. Que ni la mort ni la maladie ni la souffrance, que rien ne pourra jamais nous retirer ce qui est le plus important dans nos vies.
« Réjouis-toi ! » Ton nom est inscrit dans les cieux, ta vie a du prix aux yeux du Seigneur.]]>
<![CDATA[« Pardonne ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-22 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-22 Thu, 22 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 6, verset 37)

Toujours dans la même veine des ordres auxquels il nous semble impossible d’obéir, il y a ce commandement de pardonner, et comme si ce n’était pas assez, Jésus nous commande de pardonner soixante-dix-sept fois sept fois.
On ne peut pas pardonner sur commande, sauf si, comme pour l’amour, Jésus ne parle pas de nos impressions ressenties, mais d’une réalité objective, claire, que nous pouvons choisir de vivre ou pas.
D’ailleurs, cet impératif, nous l’adressons nous-mêmes à Dieu dans le Notre-Père : « Pardonne-nous nos offenses ! », et nous le lions à notre propre pardon, « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »
J’entends souvent des gens me dire qu’ils n’arrivent pas à pardonner.
Cela ne m’étonne pas, parce qu’ils considèrent le pardon du point de vue de ce qu’ils ressentent. À tous ceux-là, et à moi-même, je conseille de poser d’abord des actes objectifs de pardon. Re-parler à la personne. Même pour dire des choses banales. Rendre un service. Même minime. Donner, même si l’on sent que le cœur n’y est pas. Demander un service à celui à qui on essaie de pardonner. Devenir son débiteur. Je ne connais rien de plus simple ni de plus efficace.
Dans tous les cas, refuser de se laisser enfermer dans des sentiments nauséabonds, où l’égoïsme et la rancœur se mélangent au sentiment d’humiliation et à l’offense réellement subie.
Et dans ce pardon-là, objectivement vécu, Dieu pourra recréer de la vie.
Alors, pardonne ! Sors de toi-même et vis !

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<![CDATA[« Guéris ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-21 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-21 Wed, 21 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Marc, chapitre 1, verset 41)

Cet ordre-là est vraiment incroyable. Jésus ordonne au lépreux de guérir. Or, s’il y a bien quelque chose qui semble hors de notre contrôle, c’est de guérir ou de tomber malade.
Peut-être certains d’entre vous ont fait l’expérience qu’il est difficile de guérir, ou plus curieusement parfois, d’accepter même de guérir. La routine va reprendre, les responsabilités, les horaires, le travail. Je vais reprendre ma place dans le train des événements, sans plus en être plus le centre.
Et plus on est resté longtemps malade, plus c’est difficile de renoncer aux petits bénéfices secondaires auxquels on s’était raccroché. Bien sûr, ces petits arrangements peuvent nous aider à traverser une période difficile, mais il faut y renoncer, parce que quand nous commençons à prendre ces avantages secondaires pour la vraie vie, nous sommes perdus.
« Guéris ! » Bien sûr, on ne guérit pas de certaines maladies. Mais quand on a renoncé à vivre, là on est vraiment sûr qu’on ne guérira plus ! Alors dans certains cas extrêmes, garder le cap sur la guérison, c’est réussir à faire un pas tout seul, activer la télécommande de la télévision, sourire, écouter.
En tout cas, garder le cap sur la guérison c’est surtout arrêter de justifier nos égoïsmes par notre maladie. Ne pas s’enfermer dans la tristesse. Cultiver la générosité. Inventer de nouvelles formes de service. Donner sa vie, même depuis le fond de son lit. Au fond, guérir, c’est retrouver la vie, pas forcément la santé. Et cette vie, la donner.]]>
<![CDATA[« Ne crains pas ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-20 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-20 Tue, 20 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 14, verset 27)

Avez-vous déjà essayé de rassurer quelqu’un en lui disant « n’aie pas peur » ? C’est rarement efficace. C’est bien plus efficace de prendre la personne dans les bras, de changer de sujet, ou de rire, n’importe quoi plutôt que de dire « n’aie pas peur ». Parfois ça aide de parler, de raconter. De mettre des mots sur ce qu’on ressent. La peur se retrouve en quelque sorte emprisonnée dans les mots, devant nous et plus en nous. Et on peut en rire. La remettre à sa place.
Mais est-ce que Jésus nous appelle à une thérapie par le langage quand il nous dit « n’aie pas peur » ? Il ne s’agit pas ici de contrôler sa peur. Il s’agit de ne plus avoir peur.
De remplacer la peur par la confiance. Une confiance que rien ne peut ébranler. La confiance que tout ce qui nous arrive est sous contrôle de celui qui sait mieux que nous ce dont nous avons besoin.
Faire le gros dos dans la tempête, réduire la voilure, se laisser dériver un temps, et cultiver la confiance que chaque cheveu de notre tête est compté. Dieu sait ce qui nous arrive, ce dont nous avons besoin. Occupons-nous plutôt de tenir notre cap.
Dans bien des cas, nous n’aurons même plus le temps d’avoir peur, trop occupés à scruter l’horizon. À guetter l’arrivée du vent dans nos voiles, ce Souffle qui nous fait aller plus loin dans la confiance.]]>
<![CDATA[« Aime ! »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-19 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-19 Mon, 19 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean, chapitre 15, verset 12)

Ce commandement-là est peut-être le plus connu, celui qui résumerait même toute la Loi nouvelle. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Habituellement on insiste sur la seconde partie, et si tout est dans le « comme je vous ai aimés », c’est justement pour mieux dire qu’il ne s’agit pas de notre sentiment, ce que nous, nous appelons aimer. Un matin je t’aime, un matin je ne t’aime plus. Ça ne se commande pas. Désolé. Salut. Ne m’en veux pas.
L’amour que Jésus nous ordonne de choisir, l’amour dont il nous a aimés, n’a pas grand chose en commun avec ce sentiment fugace, hors de notre contrôle, qui nous possède plus que nous ne le possédons.
Ce sentiment fugace, que nous trouvons si beau quand il passe dans notre vie, est une bien pâle figure de cet autre amour qui est prêt à mourir pour ne pas renoncer à lui-même.
Pourtant, ces amours-là, maladroites et fragiles, nous permettent de ne pas nous mentir quand nous disons que nous aimons de l’amour du Christ. Si nos amours nous donnent des ailes, combien plus cet amour que nous commande Jésus doit-il nous faire voler haut. Si nos amours nous font compter pour rien toute la peine que nous nous donnons pour les nôtres, combien plus aimer « comme le Christ » doit-il nous pousser à donner notre vie.
Bien plus, nos amours maladroites peuvent être pour nous une première étape par rapport à notre cap, ce cap de l’amour que Jésus nous ordonne de tenir.
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<![CDATA[« Lève les yeux, tiens le cap. »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-18 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-18 Sun, 18 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean, chapitre 3, verset 14)

Je suis fasciné depuis longtemps par les verbes à l’impératif utilisés par Jésus dans l’Évangile. Les ordres qu’il nous donne. On croit parfois que le christianisme ne consiste pas d’abord en des choses à faire. Je n’en suis pas si sûr.
Par exemple, « faites ceci en mémoire de moi ». Bien sûr j’entends qu’il faut croire au mystère de l’eucharistie, qu’il faut participer à la messe de tout son cœur. Bien sûr. Mais j’entends aussi qu’il faut aller à la messe parce qu’il l’a dit, parce qu’il faut y aller, tout simplement. Pas comme le fruit de ce que je ressens. D’ailleurs, il vaut mieux ne pas me demander ce que je ressens le dimanche matin au fond de mon lit, surtout en hiver.
Je ne dis pas qu’il faut faire les choses par pure obligation, mais plutôt que trop souvent nous nous laissons dominer par notre sentiment, et que les choses à faire, nous ne les faisons pas. Sous prétexte qu’on ne comprend pas, qu’on ne sent pas, qu’on n’est pas à fond, on laisse tomber. On se trouve des justifications. Nos impressions passagères nous dominent et nous empêchent de vivre ce que nous voulons vivre.
Par exemple, l’ordre d’aller annoncer la parole de Dieu et de baptiser les nations est assez clair lui aussi. Je ne dis pas qu’il est totalement univoque et que nous devons tous le faire de la même manière. À chacun de trouver sa propre façon d’y répondre. Mais en tout cas, pas de l’esquiver : mais bien de le faire.
Mais le plus fascinant, en fait, ce sont des ordres comme « Aimez ! » ou encore « Réjouissez-vous ! ». Tout à coup, on change de dimension.
Autant je peux essayer de me demander comment j’évangélise dans ma vie de tous les jours, autant c’est difficile d’obéir à l’ordre d’aimer ou de se réjouir.
Vas-y, aime ! Allez, réjouis-toi ! Et il y en a d’autres, comme par exemple lorsque Jésus dit à Thomas : « Crois ! », quand il dit au paralytique : « Guéris ! » ou aux disciples : « Ne craignez pas ! » Voilà qui est réellement fascinant, parce que c’est clair qu’on ne parle plus de notre sentiment, de ce qu’on ressent d’amour ou de haine, de peur ou de confiance. Vous me direz, je peux bien me forcer à faire semblant d’aimer, pendant un temps, je peux me convaincre que j’aime, mais cet amour-là, il est bien médiocre, si l’on peut encore appeler ça de l’amour. À quelqu’un qui a peur, il ne suffit pas de dire « n’aie pas peur ! », et encore moins à quelqu’un de triste « Réjouis-toi ! ». La comédie risque de ne pas durer longtemps.
Alors quel est cet amour qui nous est commandé par Jésus, de quelle joie s’agit-il, sinon d’un amour et d’une joie objectifs, que l’on peut choisir ? Il nous commande d’aimer, d’être heureux, de guérir ou de ne plus avoir peur. Que faisons-nous ? Que répondons-nous ? « Seigneur, Seigneur ! », en essayant de nous convaincre nous-mêmes que nous aimons, que nous sommes guéris et heureux ?
En fait, j’ai l’impression que le plus souvent nous ignorons ces commandements, nous ne les prenons pas au sérieux, ou nous attendons qu’ils se réalisent, sans bouger, et sans rien faire. Ou plutôt, en nous plaignant que nous sommes malheureux, seuls, blessés et sans amour.
Au contraire, je pense qu’il nous faut prendre ces ordres très au sérieux, et choisir aujourd’hui d’aimer, d’avoir la foi, de guérir et de ne plus avoir peur. Choisir d’être heureux. Tenir ce cap, malgré les tempêtes, les sentiments intérieurs souvent contradictoires, les crises de nos bons vieux démons trop bien connus.
Des tempêtes et des accidents, il y en a eu, et il y en aura encore. N’importe qui le sait. Mais ce que je sais aussi, c’est que jamais je ne trouverai le bonheur, la guérison, le pardon, si je laisse ma barque dériver avec le courant. Et je sais même très bien ce que je trouverai si je me laisse dériver. Je ne trouverai que ce que j’apporte avec moi dans ma barque : moi, moi-moi-moi. Et pas grand chose pour tenir dans les tempêtes. Vous connaissez des gens qui n’ont jamais croisé une tempête ? Celui qui attend que les conditions météo soient favorables risque d’attendre longtemps avant d’embarquer.
Au contraire, il faut partir et tenir le cap de la joie dans notre vie. C’est un commandement. Tirer les bords qu’il faut pour ne pas perdre de vue le cap de l’amour. Obéir à ces ordres, parce qu’ils contiennent la vie, bien plus que tout ce que nous pouvons ressentir dans nos émotions passagères et superficielles. Choisir de guérir. En tout cas, mettre le cap sur la guérison. Garder le pardon en ligne de mire.
Voici ce qu’est pour moi ce mystérieux serpent de bronze élevé dans le désert qui guérissait ceux qui le regardaient. Voici ce qu’est la résurrection du Christ. Un cap objectif à se fixer, et à tenir. On s’en éloigne parfois, on se perd aussi, mais on le retrouve. On apprend de ses erreurs. Et on se relève, les yeux fixés sur le cap.
Où en es-tu de la joie dans ta vie ? As-tu choisi de mettre le cap sur l’amour ? Un amour objectif, vrai, lumineux, qui est prêt à mourir pour ne pas renoncer à lui-même. « Comme je vous ai aimés. »
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<![CDATA[Le temple de Dieu, c’est « toi »]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-17 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-17 Sat, 17 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Première Epître aux Corinthiens, chapitre 6, verset 19)

Aujourd’hui je t’invite à une visite en profondeur, genre plongée sous-marine. Au lieu de mettre la combinaison et le masque et de prendre des appareils sophistiqués, tu peux t’asseoir dans un coin de ta chambre (pas trop proche de ton écran trop tentant). Ferme les yeux. Respire souplement, tranquillement. Pose tes mains sur tes genoux ou bien croise-les simplement. Tu peux aussi tenir un chapelet dans tes mains : il permet de se concentrer.
Attention, plongée ! Tu dépasses tes soucis, tes questions, tes peurs. Tu les retrouveras tout à l’heure, autrement. Si tu as plein d’images devant les yeux, ne t’y arrête pas, continue de descendre vers le silence.
Ce qui va ouvrir en toi l’oreille de ton cœur, c’est que tu désires écouter, entendre la voix du Seigneur, de Celui qui t’aime. Tiens-toi en attente, comme en suspens, et ouvre ton cœur à la Foi : le Seigneur est là, dans le temple de ton cœur. Il t’attend car son Esprit t’a précédé. Il est toujours vivant en toi et murmure : « Abba, Père ».
Tu es là, Il est là, cela suffit. Le temple de Dieu, c’est toi. Tu peux prononcer le Nom de Jésus calmement suivant ta respiration. Il te purifiera et t’éclairera au fond du cœur.
Alors pour remonter de ta plongée, tu peux dire lentement : « Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié ». Bonne journée à toi et à ceux qui te rencontreront. ]]>
<![CDATA[Détruit et relevé]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-16 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-16 Fri, 16 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean, chapitre 2, verset 21)

«Détruisez ce temple et en trois jours, je le relèverai » (Jean 2, 19) Vous comprenez, vous ? Jésus parle de « son corps », dit l’évangile ! Annonce-t-il sa propre destruction ? Et ce relèvement, qu’est-ce c’est ? … étrange destinée !
Qui donc est-il, ce Jésus ?
Lui qui est « passé en faisant le bien » (Actes des apôtres 18, 38), n’a regardé personne d’en haut, mais d’homme à homme, sans orgueil ni suffisance. Il n’a pas fait la morale aux pécheurs publics mais s’est approché d’eux en ami pour leur rendre honneur et dignité, les relever. Hélas, la foule est versatile et les prêtres haut placés se sentent menacés dans leur religieux prestige … Alors, ça tourne mal, ils finissent par avoir sa peau.
Dernière station : la croix, comme les esclaves et les bandits, un parmi d’autres. Comment sauraient-ils que la vie qu’on lui arrache, il l’a déjà donnée par amour ?
Mais serait-il seulement l’un de ces justes dont les hommes de mémoire gravent le nom dans la pierre qui résiste au temps ? Pour nous, chrétiens, il est infiniment plus que ces figures si nobles et belles qui nous font honneur. Le temple, c’est bien son corps, la demeure de son Père. Ce temple sera détruit, démantelé, mais aussi relevé et rayonnant de la gloire de Dieu. Il se dévoile enfin dans sa beauté offerte à tous. En lui, l’amour a vaincu la mort. Ouvrez les portes ! Celles du tombeau et celles du temple. Une brèche de lumière déchire la nuit du monde.]]>
<![CDATA[Source vivifiante]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-15 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-15 Thu, 15 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Livre d’Ezéchiel, chapitre 47, versets 5-6)

Nous sommes entrés dans ce grand bâtiment qu’est le Temple, les mains vides, pour y trouver la présence bienfaisante de Dieu. Mais, aujourd’hui, il n’est pas question de s’y enfermer car le Temple s’ouvre lui-même pour que déborde la Vie !
Avec le prophète Ezéchiel (au chapitre 47, versets 1 à 12), un homme - peut-être un ange ! - nous prend par la main et nous fait sortir. Laissons-nous saisir par la source qui sort du Temple pour devenir torrent et irriguer les terres arides de l’humanité. C’est un courant impétueux, une force vitale. Y pénétrer est bien moins sécurisant que de rester dans son nid douillet ! Mais l’homme est là qui nous guide et nous garde, nous ne serons pas engloutis!
Comment mesurer autrement cette force indomptable qui vient de Dieu et veut tout vivifier ? Sur ses rives les arbres portent, inépuisables, les fruits pour nourriture, les feuilles pour remède.
Du côté de Jésus, élevé en Croix, ont jailli l’eau et le sang (Jean, chapitre 19, verset 34). De ce nouveau temple la source se déverse pour irriguer le monde. C’est l’eau vive promise par Jésus, l’Esprit Saint qui vient faire fructifier les lieux arides et presque morts de nos existences et de notre monde. Depuis la Croix, le pardon est remède, le corps livré est nourriture. Pour que la vie jaillisse.
Sortons du Temple et suivons ce courant, il nous relie toujours à la Source.
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<![CDATA[Un don pas si fou que cela]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-14 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-14 Wed, 14 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 21, verset 4 )

Un jour qu’il est dans le Temple, Jésus observe les personnes qui viennent déposer leur offrande dans le tronc. Et il prête attention à ce qui serait sans doute passé inaperçu à nos yeux. Au milieu de tous les riches qui déposent une grosse somme, la personne qu’il remarque, c’est une veuve misérable qui ne met que deux piécettes. Pour Jésus, son geste a infiniment plus de valeur que celui des riches. Car eux se contentent de donner de leur superflu, et elle, elle donne tout ce qu’elle a pour vivre. Dans la maison du Père, il n’est pas question d’« épater la galerie » par des actes ou des dons grandioses. Les petits gestes envers Dieu et nos frères touchent infiniment le cœur de Dieu.
Allons plus loin. Jésus ne pouvait pas ne pas voir le don de la veuve. Car il ne s’agit pas d’une simple petite obole, en passant. Cette veuve a tout donné, elle n’a rien gardé pour elle. Geste insensé, pour nous qui aurions plutôt tendance à multiplier les assurances-vie ! Mais est-ce si sûr ? Comme le Christ s’apprête à le faire, elle remet sa vie entre les mains de Dieu. Et elle a bien raison si on en juge d’après ce qu’il advient de Jésus après sa mort. En renonçant ainsi à sa pauvre vie pour Dieu, la veuve a toutes les chances de « trouver la vie… en abondance » !]]>
<![CDATA[La maison des tout-petits]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-13 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-13 Tue, 13 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 21, verset 13)

Regardons la scène des « marchands chassés du temple » racontée par Saint Matthieu. Elle est différente de la version de Saint Jean, entendue dimanche. On y trouve bien sûr les changeurs de monnaie et les vendeurs de colombes. Ils font partie du décor. Mais il y a aussi des aveugles, des boiteux et - c’est un peu plus inhabituel encore - une bande d’enfants. Ils étaient dehors, mêlés à la foule en train d’acclamer le Messie. Ils ont suivi Jésus et continuent de crier : « Hosanna au Fils de David !» Il y a de quoi agacer « les grands » du temple ! Eux, ils savent les rites de ce lieu. Mais savent-ils vraiment ? Ce n’est pas si sûr. Et habilement, Jésus le leur fait entrevoir en citant une prière d’un recueil familier pour eux,
le livre des Psaumes : « Par la bouche des tout-petits et des enfants, tu t’es préparé une louange » (Psaume 8).
Les « grands » sont immédiatement renvoyés à la visée première du temple : la louange. Le temple est la maison des tout-petits, car pour louer Dieu et reconnaître ses merveilles, il est bon d’être comme des enfants. Les tout-petits selon l’évangile sont ceux qui s’abandonnent à l’amour du Seigneur et lui font totalement confiance. Vers eux, il incline son oreille.
Avec ces tout-petits, nous pouvons entrer dans la louange et balbutier le psaume : « Le Seigneur défend les petits : j’étais faible, il m’a sauvé. Retrouve ton repos mon âme, car le Seigneur t’a fait du bien ». Disons à notre âme : « Retrouve ton repos », car notre repos, c’est le Christ.]]>
<![CDATA[La maison du regard]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-12 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-12 Mon, 12 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus Christ selon Saint Luc, chapitre 2, verset 49)

Se sentir chez soi, c’est le rêve de bonheur de beaucoup. Chez soi, c’est le lieu où l’on se retrouve en sécurité, où l’on peut se poser, déposer les apparences que la vie nous oblige souvent à endosser. Un lieu où l’on peut enfin être soi-même. Sous des formes différentes, tout le monde le cherche. Il exerce sur nous une attirance irrésistible.
Jésus non plus n’a pas résisté. A douze ans, il est monté à Jérusalem avec ses parents. Dès qu’il a mis le pied dans le Temple de Dieu, il a su que c’était là qu’il devait être, comme un vêtement taillé sur mesure. Si bien que, quand la caravane est repartie pour Nazareth, lui est resté. Et il a fallu du temps pour le retrouver.
Ce n’étaient pas les belles pierres qui le fascinaient, mais la présence qui habitait ce lieu, celle de Dieu son Père. II en recevait la seule chose qui fait vivre : un regard d’amour. Car tout le monde sait que des murs ne suffisent pas à faire un chez-soi. Il faut quelqu’un. Pour m’accueillir, pour me regarder.
Dieu porte un regard d’amour sur chacun d’entre nous en particulier. Et il y a des lieux, parfois très inattendus, où on le ressent. Il se diffracte dans les regards que nous croisons au quotidien, comme la lumière dans le prisme de l’arc-en-ciel. Pas besoin d’avoir les moyens de faire construire pour se trouver chez soi. On peut se sentir chez soi au milieu de gens dont on ne parle pas la langue, parce que leurs yeux donnent l’hospitalité. La seule condition, c’est d’accepter d’y croire.

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<![CDATA[Y’a quelqu’un ?]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-11 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-11 Sun, 11 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean, au chapitre 2, verset 16)

Une porte s’ouvre, c’est celle du Temple de Jérusalem. Pour le moment, y’a du monde mais personne ne répond. C’est plein de marchands qui marchandent et d’animaux qui piaillent et crient. Un peu comme chez nous, un peu comme dans nos cœurs où il arrive que tout s’agite, que tout se brouille et zim boum boum, ça fait du bruit mais c’est le vide qui retentit. On peut être très encombré sans être là, incapable d’entendre celui qui frappe à la porte, celui qui demande s’il y a quelqu’un.
Dans le Temple, Jésus entre avec fracas ! Il est chez lui, chez son Père dans cette Maison qu’on appelait, dans les temps anciens, « Tente de la rencontre ». Comment se rencontrer, comment s’écouter dans un tel vacarme, une telle agitation ? Jésus donne de la voix, il renverse établis et tréteaux avec un fouet de cordes. Il faut chasser les marchands, et le chasseur, c’est Lui ! D’emblée, nous sommes dans l’ambiance, inattendue pour ceux qui se feraient une image gentillette et sucrée du Dieu fait homme.
Le violent, c’est lui, car s’il y a une violence de la haine, il y a aussi une violence de l’amour. Pour nous, qui aujourd’hui lisons cet évangile, Le Seigneur des lieux fait un grand ménage. Il y a tant de choses illusoires, étouffantes ou carrément néfastes à évacuer pour que brille en silence la lampe du sanctuaire de notre cœur. Laissons Jésus dégager en nous l’espace de la vie, de la présence, de la vraie rencontre, laissons-le ouvrir les portes du temple préfabriqué de nos idées préconçues. Livrons-nous à son Souffle qui nous met au large de la vie et nous donne d’entendre la Parole qui fait ce qu’elle dit. Marie, la Mère de Jésus, toujours discrète et présente, est à notre service, à la demande, elle qui n’a cessé durant sa vie terrestre de garder et retenir tout ce qu’elle voyait et entendait, même le plus étrange…
En poursuivant la lecture de l’évangile, on pourrait, après avoir vu et entendu la scène, se demander pourquoi, au fond, Jésus se met dans une telle colère. Il s’écrie : « Otez cela d’ici ! … ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic ! » (2, 16) Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, n’est pas un vendeur de bienfaits, il donne sans calcul, par pur amour. Sa porte est ouverte « jour et nuit » pour l’accueil, le partage, la rencontre ! Là, on ne fait pas payer l’entrée ! Là, il y a de la place pour tous ceux qui le cherchent, les pauvres comme les riches, les simples comme les savants, et personne ne se bouscule. Ce n’est pas la foule qui encombre le Temple, c’est le mépris, l’orgueil et la cupidité des hommes. Les marchands sont doublement coupables : ils utilisent le Temple pour leurs intérêts et ils abusent les braves gens en leur laissant croire que Dieu attend leurs sacrifices pour s’occuper d’eux ! Les sacrifices, aux uns, ça rapporte, et aux autres, ça coûte ! Pour plaire à Dieu, il faudrait donc avoir des arrières bien assurés. On est bien loin, si loin de Dieu, avec de telles idées ! Dans l’Ancien Testament, les prophètes s’écriaient en son Nom: « C’est l’amour qui me plaît et non le sacrifice » (Osée chapitre 6, verset 6).
Si Jésus a fait un grand chambardement en nos vies, c’est pour nous aider à découvrir combien son Père nous aime et comment il nous aime… Ne nous épuisons pas à calculer, ne nous agitons pas en vain même pour la bonne cause ! Nos frères ont tant besoin de présence, de tendresse, de cette lumière qui n’aveugle pas mais réchauffe le cœur, de ces gestes simples qui disent à l’autre qu’il existe pour nous et qu’il a du prix, le seul vrai !
L’Amour qui nous espère est gratuit, permanent, jamais il ne s’impose. Les plus humbles sont les premiers servis… Dans le Temple, la Bourse ne fait pas de tapage, on n’entend battre que le cœur de Dieu à l’unisson du cœur de l’homme. Il y a une présence nouvelle à découvrir quand le silence est devenu perceptible et quand, doucement la paix s’installe, légère et accueillante. Arrêtons-nous un peu, prêtons l’oreille. En ce dimanche, Jésus nous a dégagé la route, ouvert des perspectives, une espérance.
Dans le Temple, libéré par Jésus, on entre les mains vides.]]>
<![CDATA[Vivre maintenant !]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-10 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-10 Sat, 10 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Marc, chapitre 4, verset 21)

Après le tunnel, on a parfois du mal à se dire que nous atteindrons la lumière. Non pas celle de l’expérience de la mort imminente, mais bien plutôt celle des épreuves et déconvenues de l’existence, au terme desquelles le chant de l’alléluia de Pâques semble encore très éloigné : on a fait le mal qu’on aurait tant voulu éviter, et puis on a si souvent évité de faire le bien qu’on aurait pourtant dû promouvoir. Cela dit, il n’y a pas que les désillusions sur soi, il y aussi celles sur les autres pour qui on aurait souhaité le meilleur : par exemple, qu’ils rencontrent Jésus, ou simplement, que leur vie soit heureuse et, de multiples manières, féconde autour d’eux.
Le gros écueil à éviter est de toujours reporter la vie meilleure à plus tard, comme si, ici-bas, nous n’avions accès qu’à des succédanés ! Les arrhes de la vie en Dieu peuvent s’incarner et se partager dès maintenant, comme l’expérience vive de l’amitié ou du banquet eucharistique auquel l’Ami divin nous invite. Nous ne saurions être la « bof-génération » chrétienne ! Le jour du jugement, Dieu pourrait nous demander : « avant de mourir, avez-vous été des vivants dans la vie que je vous avais confiée ? ». Un frère dominicain me disait un jour : « Tu sais, il suffit d’une toute petite lumière dans une pièce obscure pour commencer à repousser l’obscurité ». J’ajouterais : il suffit de faire naître un premier sourire sur un visage enténébré, pour que l’amorce de la transfiguration de mon frère, heureusement, se dessine.]]>
<![CDATA[C’est l’amour qui sauve, pas la souffrance!]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-09 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-09 Fri, 09 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Livre d’Isaïe, chapitre 50, verset 6)

Le Vendredi Saint, la Sainte-Face de Jésus est défigurée : il a soumis son visage aux crachats, accomplissant ainsi la parole du prophète Isaïe. Durant ce carême, et plus encore, peut-être, les jours de la Passion, nous pouvons, non seulement nous unir, mais surtout nous faire proches de ceux dont la face est défigurée. Le mal que l’on commet, le mal que l’on subit, les défigurations infligées par le temps, les soucis, les mécomptes, les « baffes » - si j’ose dire - de l’existence, achèvent de nous associer, tantôt d’encore assez loin, tantôt de très près, à la Face outragée de Jésus. Face outragée et pourtant « Face adorable ».
Sur le Mont Thabor, Jésus annonce qu’il doit passer par la Croix pour ressusciter : chaque Vendredi Saint, nous nous arrêtons à cet aspect souffrant de nos vies qui nous fixe avec Jésus sur la Croix.
La souffrance ne sauve pas en elle-même. C’est un abus, ou un raccourci de langage que de le prétendre. C’est lorsqu’elle est traversée, portée, motivée par l’amour, comme Jésus donnant sa vie sur la Croix, qu’elle peut déboucher sur une vie nouvelle, qui reste encore à inventer, mais dont on ne veut pas renoncer à la possibilité réelle : c’est cela la foi ! Nous croyons en la vie éternelle, ce qui n’est pas exactement la même chose que de savoir qu’il y a une vie éternelle. La foi est un saut, comme le dit Benoit XVI, elle est un seuil que le don gratuit de Dieu nous permet de franchir, même au plus obscur de nos vies.]]>
<![CDATA[Dieu, de révélations en dérobades]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-08 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-08 Thu, 08 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Livre d’Isaïe, chapitre 45, verset 15)

La Transfiguration suggère un dévoilement : au Thabor, Jésus lève le voile sur son identité et sa destinée aux disciples qui l’ont suivi. Dans notre vie, nous connaissons de ces moments précieux, comme des accalmies, où nous avons la sensation de mieux comprendre qui est notre prochain et notre Dieu, comment fonctionne notre monde, notre environnement. Le bonheur est comme cela aussi, d’une beauté, d’une blancheur, comme le vêtement de Jésus, si impeccable, que nous voudrions ne pas laisser fuir « les rapides délices des plus beaux de nos jours ». Mais ce n’est pas possible. Le principe de réalité, ou peut-être Dieu, nous impose de descendre de la montagne ! Ce que nous avons saisi, le temps d’un saint frisson, se dérobe plus encore.
La condition humaine est ainsi faite. Certains de ses aspects semblent parfois se présenter à nous sous une lumière apaisante et instructive ; et puis, à d’autres moments, on n’y comprend plus rien, comme si nous n’avions d’autre choix que de marcher à l’aveugle en faisant confiance à un Dieu ressenti, tantôt comme une boussole, tantôt comme un lâcheur absent. Ce méli-mélo de lumières projetées et d’abysses déconcertants nous place sur la Croix que Jésus a connue. Nous voudrions bien nous en dispenser. Tentation suprême du diable : « Vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal » (livre de la Genèse, chapitre 3, verset 5). Nous oublierions alors que la Transfiguration indique déjà le passage secret qui débouche sur la vision de Dieu.]]>
<![CDATA[Il n’y a pas deux amours]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-07 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-07 Wed, 07 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 9, verset 16)

Dans l’idée de trans-figuration, il y a l’idée de changement, indiquée par le petit préfixe « trans », qui signifie « passer à travers ». Passer vers on ne sait quoi, mais, en tout cas, vers quelque chose de nouveau, qui n’est pas déjà dit, déjà vécu, déjà connu. C’est l’expérience d’Abraham, quittant sa terre natale pour aller vers une terre inconnue, signe qu’il allait dans la bonne direction (livre de la Genèse, chapitre 12).
C’est un peu ce que je nous souhaite au long de ce carême : que quelque chose bouge ! Par exemple, dans ma vie de foi ou dans mes rencontres, quitter l’idée blindée que j’ai de mon Dieu et des autres. Vivre une sorte d’exode, à la manière des Hébreux quittant l’Egypte où ils étaient prisonniers.
Certaines prisons sont si confortables, en définitive !
Jésus prend la comparaison du vieux vêtement que l’on connaît si bien qu’un nouveau nous paraît inutile : il tire sous les manches, on peine à se familiariser avec le tissu, de sorte que les défauts du vieux vêtement nous semblent de loin préférables. Belle image de la vie chrétienne ! Oser un itinéraire, une pâque, un passage de mort à vie : Dieu ne nous épargne pas de vivre, de sentir, d’éprouver et d’aimer. Comme le disait le dominicain Lacordaire : « Il n’y a pas deux amours », celui de Dieu, d’un côté, celui des hommes, de l’autre… Entrons dans la terre promise ! Sur cette terre, il y a à aimer ceux que nous n’aimons pas encore, à croire ce que nous ignorons encore, et à espérer contre toute espérance !]]>
<![CDATA[Transfigurer le Carême]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-06 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-06 Tue, 06 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 10, verset 34)

Comment faire pour changer le visage du Carême, « trans-figurer » le Carême ? Lui donner une autre allure pour que les chrétiens aient vraiment des « gueules de ressuscités » et non ces faces sombres, tellement persuadés qu’un acharnement à la perfection, qu’ils nomment ascèse, est de mise durant ces quarante jours… ! Oui, l’ascèse est de mise, mais laquelle ? Pour certains chrétiens habitués au jeûne et à la prière, la véritable ascèse, celle que l’on fuit car trop difficile, consiste à faire ce que l’on ne fait pas habituellement : inviter quelqu’un que l’on n’aime pas pour lever un malentendu et apprendre à le connaître mieux, ne pas multiplier les exercices de dévotion, si cela nous dispense d’aller rendre service à une association d’exclus, de marginaux de la vie, voire de l’Eglise.
Le Carême peut se révéler un temps où une grande latitude d’inventions est possible.
Ainsi, d’un Carême à l’envers peut se manifester le véritable Carême à l’endroit, celui qui, seul, va plaire au Seigneur : « enlever le joug qui pèse » sur les épaules de nos frères et « rendre la liberté à ceux qu’on écrase » (Livre d’Isaïe, chapitre 58, verset 6). C’est ce Carême à l’endroit que je vous propose, moins focalisé sur le sacré des rites à honorer coûte que coûte - « faire ses pâques » - et plus ouvert sur un autre rapport au sacré, celui du huitième sacrement, le sacrement du frère à qui il faut laver les pieds et qu’il faut conduire à l’auberge, s’il est blessé au bord du chemin.]]>
<![CDATA[Transfigurer la chair]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-05 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-05 Mon, 05 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 17, verset 2)

Le carême se présente, à la suite de l’évangile de la Transfiguration comme une vraie et profonde transfiguration de la chair.
Souvent, comme chrétiens, nous faisons peser une méfiance quasi spontanée sur cette idée de chair que nous associons trop vite, aux ambiguïtés de la sexualité. Grave erreur ! Dans l’épître aux Romains (chapitre 8, versets 1 à 17), la chair que Saint Paul oppose à l’esprit ne désigne pas d’abord notre psycho-affectivité, ou notre sexualité, mais bien plutôt les forces qui nous poussent à nous replier sur nous-mêmes, à nous couper des autres, à nous désintéresser d’eux pour nous centrer sur le « tout-à-l’ego », si vous me passez l’expression, de notre vie !
Mais, une nouvelle maman met bien au monde un petit être de chair ! Une infirmière soulage bien un visage endolori par l’excès de souffrance ! Le visage exprime la chair : le visage que l’on caresse, que l’on soigne. Pour être authentiquement spirituel, le carême des chrétiens doit être pleinement charnel - y compris dans la vie de couple - à savoir dans le respect et l’attention portés à la chair de l’autre.
Jésus n’a-t-il pas lavé les pieds de ses disciples (évangile selon Jean, chapitre 13) ? Voilà un geste ô combien éloigné de notre culture moderne, geste terriblement charnel mais définitivement spirituel ! Et le même Jésus n’a-t-il pas laissé la femme de mauvaise vie laver ses pieds avec ses cheveux et du parfum (évangile selon Luc, chapitre 7, versets 36 à 50) ? Quel admirable échange de carême !]]>
<![CDATA[De mort à vie !]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-04 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-04 Sun, 04 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, chapitre 17, verset 7)

Face de carême ! C’est la réputation de bien des chrétiens durant le temps liturgique que nous vivons. Alors que ! Alors que l’Évangile de ce jour nous présente, sur la montagne du Thabor, un homme revêtu d’une robe resplendissante qui attire autour de lui ses meilleurs amis : il y a vraiment des carêmes qui n’en sont pas !
La plupart du temps, nous comprenons le carême comme un effort pour brider en nous le charnel, afin de libérer le spirituel, selon une logique inverse de l’incarnation. Mais rappelez-vous Jésus lors des noces de Cana ! Sans faire de lui un glouton, on ne peut pas ne pas constater que Jésus a aimé créer de la joie et la partager autour d’un banquet, célébrant l’union de deux êtres qui se donnaient l’un à l’autre.
La scène de la Transfiguration n’est pas celle d’une salle de spectacle où l’on admire l’idole. Ce n’est ni le Zénith ni même une cathédrale ! La scène de la Transfiguration a en son centre, en son cœur, le message plénier de la Révélation chrétienne, lorsque Jésus, l’Ami divin, demande à ses disciples, à ceux qu’il va bientôt appeler ses amis de se relever :
« Relevez-vous ! Soyez sans crainte ! ». C’est ce que nous lisons dans l’évangile parallèle de Matthieu (chapitre 17, verset 7).
La Transfiguration lève le voile sur un mystère qui voile de manière encore plus profonde ce que Pierre, Jacques, et Jean viennent d’apprendre sur Jésus : Il est le Fils bien-aimé. Impossible de le maîtriser, impossible d’en comprendre tout le sens en dressant trois tentes confortables, parce qu’on se trouve bien là ! Les disciples et nous-mêmes, à leur suite, sommes invités à nous réjouir de pouvoir boire à la source et à nous réjouir plus encore de ne pas épuiser cette divine source, comme pour relancer notre désir de Dieu : « Mon âme a soif… », chante le psalmiste.
Transfigurer la vie de son prochain, c’est l’aider à se relever, c’est-à-dire lui faire connaître son vrai visage, changer son masque rouge de douleur, son masque gris de dépression, son masque noir de mort-vivant, en « vie-sage » pacifié par une lumière encore jamais reconnue : c’est le don, c’est l’échange que nous avons à faire, à vivre, les uns au profit des autres.
Qu’y a-t-il de plus important ? Qu’y a-t-il de plus salutaire que l’Évangile de la Transfiguration car il annonce le salut à l’œuvre, pour que la vie se charge de vie ! Aujourd’hui, transfigurer, c’est relever le corps de mon frère quand ce corps est dans la crainte, aux prises avec toutes les angoisses de la vie : « Relève-toi, mon ami ! Sois sans crainte ! »
C’est uniquement pour cette raison que l’église de Dieu montre encore et encore le corps de Jésus, ce corps livré pour rassasier gratuitement tous les affamés : c’est le corps que nous sommes tous et chacun : regardons-nous ! Ce corps du Christ est ce corps que nous sommes dans nos assemblées chrétiennes. Ce Jésus est notre vrai visage. Il est notre véritable image appelée à la transfiguration car, depuis notre baptême, nous sommes tous porteurs de la robe blanche des élus de Dieu, que nous porterons encore, au jour de l’Apocalypse : la robe blanche de ceux qui l’auront lavée dans le Sang de l’Agneau (livre de l’Apocalypse, chapitre 7, verset 14).
Le sacrement de l’Eucharistie en représente chacune des étapes : mémoire de la libération des servitudes de l’existence au jour du baptême, mémoire célébrée aujourd’hui pour lever le voile sur le Royaume de Dieu.
Pour le moment, ne manquons pas le temps des arrhes, ceux que nous avons à échanger entre amis : construisons les monts « Thabor » d’aujourd’hui ! Invitez vos amis ! Invitez ceux qui restent au fond, ceux qui n’osent pas avancer : pas de délit de faciès ! C’est le temps où toutes les faces se révèlent à elles-mêmes ! Pas de délit de mauvaises mœurs ! C’est le temps de l’amitié avec la femme aux cinq maris ! Invitez ! L’Église ne sera jamais assez vaste ! Invitez ! Comme Pierre, Jacques et Jean, vous voudrez construire des tentes, et comme pour Pierre, Jacques et Jean, ces modestes constructions, même s’il s’agit de cathédrales, ne domestiqueront pas le Dieu qui vous désigne le Royaume qui vient !]]>
<![CDATA[Nous n’avons qu’une vie]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-03 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-03 Sat, 03 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 15, verset 31.)

Faire un sacrifice, cela peut signifier faire un choix difficile. Faire une croix sur son temps libre pour étudier, renoncer à une carrière artistique pour trouver un métier alimentaire. Le choix de sa vocation, l’orientation de sa vie peut être un écartèlement, une crucifixion entre des choix irréconciliables. Faut-il devenir fataliste, accepter de passer à côté de certaines choses, en se disant que c’est la vie…
Le choix est une condition de la liberté : pour réaliser quelque chose, pour escalader une montagne, il faut y consacrer des efforts, y dépenser des forces, et donc renoncer à en escalader de nombreuses autres.
Mais pourquoi regardons-nous d’abord ce que nous perdons ? Le sommet qu’on atteint, le plus petit soit-il, a plus de valeur que toutes les cimes rêvées. Et si nous levons les yeux, du haut de la montagne, nous pouvons contempler aussi toutes les autres. Sous un autre angle, avec de la hauteur, rien ne se dérobe à notre regard.
Notre vie limitée ne nous permet de profiter que d’une partie des merveilles de Dieu, mais si nous le faisons pleinement, réellement, alors nous savons aussi que tout nous est donné : que la création nous appartient. C’est la promesse de Jésus : son Père veut faire de nous ses fils et ses filles, il veut nous donner sa vie, en abondance.]]>
<![CDATA[Le premier rôle]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-02 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-02 Fri, 02 Mar 2012 00:00:00 +0100 ( Livre de la Genèse, chapitre 22, verset 15)

Dieu avait demandé à Abraham de lui sacrifier son fils Isaac. Alors que le drame semblait inéluctable, le bras de Dieu est arrivé à temps pour empêcher la mort de l’enfant. De ce sacrifice, qui semble incomplet, Dieu n’est pas qu’un spectateur : c’est l’acteur principal de la scène.
On doute parfois de la capacité de Dieu à agir, à modifier concrètement notre vie : pourquoi a-t-il laissé mon père mourir, pourquoi est-ce que je retombe toujours dans ce même péché ? Mais la fidélité d’Abraham, sans nous garantir un résultat, nous encourage à rester convaincus qu’Il peut agir et qu’Il agit maintenant dans ma vie. Chacune de mes actions peut être un lieu où sa Parole devient efficace.
Pas pour agir à ma place, pas même pour me faire atteindre un résultat un peu trop élevé pour moi. Ce n’est pas son genre, il est beaucoup plus créatif !
Regardons bien : Dieu n’a pas empêché ni confirmé l’intention d’Abraham, il l’a transformée en révélant ce qui lui donne vraiment un sens. En laissant son fils s’approcher au plus près de Dieu, Abraham lui a transmis le goût de cette Parole qui fait quitter son pays et la maison de son Père, pour devenir fils de la liberté. Il l’a peut être perdu, mais il sait qu’Isaac, lui, s’est trouvé.
Dans chacun de nos sacrifices Dieu veut aussi déployer sa créativité, mais prendrons-nous le risque de le laisser libérer nos vrais désirs ?]]>
<![CDATA[Entrer au pays]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-01 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-03-01 Thu, 01 Mar 2012 00:00:00 +0100 (Psaume 84, verset 2 )

Après la faim, le diable change de fourche pour soumettre Jésus à une autre tentation. Il lui propose de se jeter du haut du temple, puisque Dieu enverra ses anges pour le porter sur leurs mains. S’il est vraiment le Fils de Dieu, il ne risque rien. Pour prouver sa confiance en Dieu, il faudrait qu’il mette en jeu sa vie, en oubliant un peu qu’il est un homme.
Si c’est ça être un martyr, faire le sacrifice de sa vie, cela semble être réservé à quelques-uns, pas très à l’aise dans leur humanité, qui pourraient l’abandonner sans regrets. Mais ce n’est pas notre cas, ni celui de Jésus d’ailleurs. Si Jésus avait peut-être la tête au ciel, une proximité particulière avec son Père, il avait aussi sûrement les pieds et le cœur sur la terre.
Il a aimé son pays, les levers de soleil sur le lac de Tibériade, la chaleur de l’été. C’est dans cet amour que s’est enraciné son engagement au côté de son peuple et de tous les hommes, c’est parce qu’il était chez lui sur la terre, que cela était pleinement cohérent d’y rester jusqu’au bout, non par héroïsme mais par fidélité.
Et nous, où sommes-nous chez nous ? Pas seulement selon les documents officiels, mais plus profondément, plus spontanément, où nous sentons-nous chez nous, où pouvons-nous être nous-mêmes, librement ? Avons nous trouvé cette terre où la vie prend tout son poids? Avant de vouloir donner notre vie, saurions-nous dire où nous la puisons ?
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<![CDATA[Le goût de Dieu]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-29 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-29 Wed, 29 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Première lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens, chapitre 11, verset 24 )

Après son baptême, l’Esprit pousse Jésus au désert. Là, il connaît la faim et les tentations qui vont avec : pourquoi ne pas changer les pierres en pain ? En lui posant cette question, le diable suggère que la création de Dieu a un problème, qu’elle est un obstacle à la vie de l’homme : ce serait tout de même plus simple si les pierres étaient comestibles !
Pour nous aussi, le jeûne est un classique des efforts de carême, mais ne l’aborde-t-on pas parfois avec les yeux du démon, c’est-à-dire comme un moyen d’échapper aux contraintes que nous imposent notre corps et ses besoins ?
Le jeûne ne vient pas nier la faim, mais la révéler, il nous enseigne que nous ne mangeons pas seulement pour être rassasiés, mais pour aiguiser en nous le désir d’une vraie, d’une autre nourriture.
Jésus a résisté aux tentations dans le désert, mais il a fait encore mieux en nous donnant l’eucharistie : il réconcilie en nous la faim corporelle et spirituelle. Manger ou boire ne sont plus des distractions qui nous éloignent de notre vocation, mais comme des indicateurs discrets de ce qui nous nourrit réellement. Le vrai sacrifice, c’est reconnaître que la création n’est pas un piège à éviter, mais un cadeau, l’occasion de rencontrer son Auteur à chaque coup de fourchette.]]>
<![CDATA[La tentation du sacrifice]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-28 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-28 Tue, 28 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Psaume 39, versets 7-8)

Il faut se méfier du sacrifice.
Parce que dans chacune de nos actions, nous sommes facilement tentés de faire tourner le monde seulement autour de nous. Le sacrifice devient alors une compétition avec soi-même, l’occasion de focaliser son regard sur soi, de se féliciter pour ses exploits, de se lamenter sur ses échecs. C’est le complexe de l’escargot qui s’enroule sur lui-même, et perd tout contact avec le monde extérieur.
Il faut s’en méfier aussi parce que même si nous maintenons le contact avec Dieu, si nous faisons nos sacrifices pour lui, la tentation subsiste d’une relation marchande avec lui. Dieu devient comme l’un de nos fournisseurs, il nous permet d’atteindre nos objectifs dans le domaine spirituel.
Finalement, il n’est plus qu’un distributeur de grâces, dans lequel il suffit de glisser la pièce de notre sacrifice.
Sortir de cette tentation, c’est se rendre compte que Dieu n’a pas besoin de nos sacrifices, que le sacrifice ne sert à rien. Mais un être humain ne fait-il que des choses utiles ? Parce que nous sommes créés à l’image de Dieu, nous pouvons parfois avoir envie d’actes de générosité gratuite, démesurée, qui ne cherchent pas à être rentables ni raisonnables. En devenant comme le prolongement de la générosité de Dieu, nous pouvons expérimenter la liberté de faire ce pour quoi nous sommes faits.]]>
<![CDATA[Sacrifier les sacrifices ?]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-27 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-27 Mon, 27 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu chapitre 9, verset 13)

Jésus l’a dit clairement, ce que Dieu attend des hommes ce ne sont pas des sacrifices. Il ne veut pas tel ou tel cadeau, il ne nous oblige pas à telle ou telle privation. Dans la nouvelle relation que Jésus vient créer entre Dieu et les hommes, le sacrifice est hors-sujet. Et nous sommes bien d’accord avec lui !
Sous d’autres noms, la réalité demeure pourtant une expérience quotidienne. Pour des parents par exemple, qui sont prêts à faire des sacrifices, et qui en font concrètement pour leurs enfants, pour leur éducation, pour les rendre heureux. Pour chacun de nous aussi, lorsque, un peu mystérieusement, en faisant des efforts, en nous donnant de la peine, nous nous sentons exister.

Faut-il donc sacrifier les sacrifices ? S’en débarrasser, comme de quelque chose de malsain, qui nous empêche de nous épanouir ? On peut en rêver. Mais Jésus ne fonctionne jamais comme cela. Il ne fait pas table rase dans nos vies, il ne supprime pas ce qui existe pour le remplacer par quelque chose de nouveau, d’étranger. Il redresse au contraire ce que nous sommes, il remet chaque chose à sa place pour que la vie circule à nouveau.
Le sacrifice peut être ainsi transformé, pour ne plus être un but en soi, mais un moment dans l’expression d’un amour prêt à affronter des obstacles, à s’engager physiquement, à faire tout ce qu’il peut pour voir se réaliser ses projets.
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<![CDATA[Anges ou bêtes sauvages ]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-26 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-26 Sun, 26 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Marc, chapitre 1, verset 13 )

Alors qu’il vient d’être baptisé, Jésus part au désert. Il part affronter un environnement hostile, qui va le contraindre à des privations, qui va l’exposer aux bêtes sauvages. Comme nous, il voit venir un carême, et peut-être serre-t-il un peu les dents à l’avance.
Mais en allant au désert, Jésus retourne aussi aux sources de l’amour de Dieu, et les anges d’ailleurs l’y attendent. En effet, le désert est la première étape du voyage du peuple hébreu, après sa libération de l’esclavage en Égypte. C’est là où il a fait alliance avec Dieu, là où il a commencé à lui rendre un culte. Et au cours de l’histoire que nous raconte la Bible, les prophètes l’ont souvent invité à revenir au désert, ce lieu des fiançailles, pour retrouver la fraîcheur des premiers temps de l’amour.
Pour nous aussi la montagne du carême présente ces deux versants : des efforts à faire, une certaine discipline, des sacrifices peut-être, et puis un amour à reconquérir, une présence à retrouver, des souvenirs à rafraîchir. Faut-il en choisir un plutôt que l’autre ? Anges ou bêtes sauvages ?
Malgré tous les reproches que nous aurions à faire spontanément aux sacrifices, peut-être ne faut-il pas s’en débarrasser trop vite, pas avant d’avoir essayé de comprendre ce dont il s’agit, pas avant des les avoir évalués à l’échelle de la vie que Dieu veut nous donner, et nous donner en abondance.
Ce qu’il nous faut comprendre, c’est que le sacrifice, c’est d’abord une table. Dans la Bible, et jusqu’au temps de Jésus, si l’on sacrifie des animaux à Dieu, si on lui offre de la nourriture, ce n’est pas parce qu’il s’en nourrirait, mais parce que c’est une occasion de l’inviter à la table à laquelle seront consommés ces aliments. On veut pouvoir profiter de sa présence, lui qui est le protecteur de son peuple, qui apporte toujours la bénédiction avec lui. S’il vient effectivement, c’est qu’il se souvient de nous, qu’il ne nous a pas abandonnés, que sa miséricorde, c’est-à-dire toute son attention amoureuse, continuera de nous accompagner : à cette table, c’est une famille entière qui peut accueillir Dieu : le sacrifice n’est pas un acte individuel, c’est un groupe qui se rassemble.
La venue de Dieu tisse donc les liens humains, elle les renforce dans la fête qu’elle provoque. Enfin, tous savent que ce qui est offert vient d’abord de Dieu, qui a le premier distribué en abondance les biens de la création à ses enfants. Lui rendre une partie de ces biens, ce n’est pas les refuser, ce n’est pas rembourser une dette, mais c’est simplement un moyen de le remercier, de lui rendre grâce, pour reprendre les mots de la Bible.
C’est sur ce sacrifice-là que se greffent nos sacrifices. Mais Jésus le fait encore évoluer. Il nous donne de le rencontrer à une nouvelle table, celle de l’eucharistie, autour de laquelle nous nous rassemblons à la messe. A cette table, nous ne sommes plus ceux qui invitent, mais les invités. Dieu ne descend pas jusqu’à nous pour partager notre repas, mais il est ce repas, du plus profond de la réalité du pain et du vin. Ce n’est plus un corps social qui fête son Dieu, mais Dieu qui nous rassemble dans le Corps de son Fils. Tout semble s’être renversé, avoir tourné, changé de perspective, mais cette rotation se fait autour d’un axe qui reste fixe : le témoignage de notre reconnaissance pour Dieu, un merci comme un trait d’union entre la terre et le ciel.
Cette nouveauté fait exploser le cadre des sacrifices religieux, car Dieu nous révèle aussi qu’il ne vient pas à notre rencontre simplement dans nos cérémonies religieuses, à l’intérieur d’actes précis. Il ne se laisse pas enfermer dans notre formalisme. Il veut habiter parmi nous à tout instant de notre vie, être entièrement disponible. Chaque pardon donné, chaque occasion de pratiquer la justice, chaque témoignage d’amour, peut être l’occasion de nous unir à lui. Dieu devient comme le tiers secret de chacune de nos rencontres.
Rien ne nous oblige à parler de l’eucharistie, ni d’aucun des gestes motivés par notre amour pour Dieu ou nos frères, comme d’un sacrifice. Ce n’est qu’un mot, et on peut le juger suranné. Mais de même que le Christ a complètement renouvelé la table où il nous rassemble, de même le mot de sacrifice n’est plus à comprendre avec ses sonorités morbides. Il ne signifie plus restriction ni arrachement. Il s’agit d’entrer dans la dynamique du Christ, dans le mouvement de conversion qui unifie chacune de nos actions à la sienne. Tout ce qui nous reste alors à perdre, c’est notre égoïsme. Ce dont nous devons nous arracher, c’est de notre solitude. Ce dont il faut se priver, c’est de la peur de Dieu.]]>
<![CDATA[Le don des larmes]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-25 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-25 Sat, 25 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 6, verset 21)

Mieux vaut prévenir que guérir : très aimable à Dieu de promettre de venir sécher mes larmes, mais mon souci est plutôt d’éviter les chagrins. Or l’expérience est claire : faire confiance, c’est s’exposer à toutes les désillusions, tandis qu’avec la méfiance, on n’est jamais déçu. Le secret serait donc de tenir tout le monde éloigné de mon cœur trop sensible. Un secret bien connu des usagers du métro, dont les corps si proches dans une rame bondée s’efforcent de maintenir, par les mêmes visages fermés, le plus de distance possible entre les cœurs. Surtout, ne pas entrer en relation : on ne sait pas ce qui peut arriver… La trahison douloureuse d’un ami m’a appris à devenir prudent, à ne plus me livrer. Quand bien même je voudrais ouvrir mon cœur, je ne trouve plus la clef.
Au moins, je ne souffre pas. Mais ma tranquillité ressemble à la paix des cimetières.
Dieu n’offre pas ce genre de sécurité. Mais son amour pour moi reste toujours hors des atteintes des hommes. Ma crainte la plus profonde, celle de n’être pas aimé, se dissipe : cet amour sans conditions, nul ne pourra m’en séparer. L’essentiel est à l’abri, et je peux donc m’avancer sans méfiance vers les autres. Je n’ai plus peur d’eux. On peut encore me faire du mal, bien sûr, mais aucune blessure d’amour ne me sera mortelle. La certitude de cet amour toujours donné, toujours accessible, changera peu à peu mon cœur de pierre, couvert de son blindage, en cœur de chair : un cœur capable de pleurer, parce qu’il prend le risque d’aimer.]]>
<![CDATA[Appétit de bonheur]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-24 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-24 Fri, 24 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 6, verset 21)

Jésus sait-il vraiment ce qu’il promet ? S’il voyait quelles faims me tiraillent, quels désirs m’habitent, il y réfléchirait sans doute à deux fois avant d’en garantir la satisfaction. Désirs jaloux, soif de vengeance, appétit sexuel viennent jouer dans mon cœur une partition qui ressemble bien peu à la musique des anges. Alors j’aime autant envoyer à ma place, à l’heure de la prière, un petit saint de vitrail dessiné avec soin, qui ne se met pas en colère, qui ne connaît pas la jalousie, qui pardonne facilement, qui ne s’ennuie pas à la messe. Il est parfait. Il n’a qu’un défaut : ce n’est pas moi.
Car mon désir, c’est moi. Si je le mets de côté, je ne suis pas vraiment présent. Bien sûr, il aura souvent besoin d’être redressé par Dieu, qui peut par exemple changer un désir de vengeance en désir de pardon.
Mais comment pourra-t-il le faire, si je n’exprime pas devant lui ce qui habite mon cœur ? Refuse-t-on de montrer à un médecin la plaie qu’on lui demande de soigner ?
Jésus sait qu’au plus profond de moi, ma faim véritable est une faim de bonheur. Or, c’est exactement ce que Dieu, qui m’aime infiniment, veut pour moi ; et c’est cette faim qu’il promet de rassasier. Mais que pourra-t-il rassasier, si je n’ai plus de désir ? Loin de devoir y renoncer, sous prétexte d’abandon à Dieu, je suis appelé à creuser mon désir, à le laisser grandir en moi sans me laisser distraire par des envies secondaires, par mes lubies du moment : il deviendra le chemin le plus sûr par lequel Dieu m’invite à le rejoindre.
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<![CDATA[Sur un malentendu]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-23 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-23 Thu, 23 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc, chapitre 6, verset 20)

L’argent ne fait pas le bonheur, tout le monde le sait ; mais ce que les pauvres savent aussi très bien, c’est que la misère ne le fait pas davantage. Jésus n’est pas la victime d’une illusion romantique : ce qui rend heureux, ce n’est pas la pauvreté ; c’est le Royaume de Dieu - mais ce sont les pauvres qui le possèdent. Pauvres, c’est-à-dire ceux qui sont dépourvus des rassurantes sécurités du monde, privés du superflu qui occupe le cœur à défaut de le remplir. Il faut bien cela pour oser fonder son bonheur sur cette vérité toute simple : Dieu m’aime infiniment, sans conditions. Ce trésor-là est à l’abri des crises, et notre péché même ne peut pas nous l’ôter : si nous le rejetons, il ne sera jamais plus loin qu’à la porte de notre cœur.
Mais nous avons reçu assez de courriers ou de mails trompeurs, nous promettant des gains mirobolants à des loteries imaginaires ou d’improbables héritages exotiques, pour ne recevoir qu’avec prudence le trésor d’un Dieu qui aime gratuitement. Il serait plus rassurant d’avoir d’abord mérité cet amour par nos bonnes actions : notre pécule ne serait peut-être pas très gros, car nous n’agissons pas toujours bien, mais il nous appartiendrait vraiment ; nous l’aurions gagné à la sueur de notre front, pas reçu sur un malentendu.
Dieu ne m’aime pas pour ce que je fais de bien, mais pour une meilleure raison, qui n’a rien d’un malentendu : il m’aime pour ce que je suis, parce que je suis quelqu’un d’infiniment aimable. Et s’il m’arrive bien souvent d’en douter, Dieu, lui, le sait bien : il me connaît comme s’il m’avait fait.
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<![CDATA[Haute voltige]]> http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-22 http://www.retraitedanslaville.org/date___2012-02-22 Wed, 22 Feb 2012 00:00:00 +0100 (Psaume 4, verset 7)

La clef du paradis, c’est le kiosque à journaux. Impossible d’en douter si on prend au sérieux les titres des magazines qui chaque semaine promettent de nous révéler, pour quelques euros seulement, les secrets d’une vie épanouie, équilibrée, rayonnante ; la formule du bonheur est toute simple : il suffit d’aller lire les conseils de la page 5.
Une chose est certaine : le mercredi des Cendres, qui marque aujourd’hui notre entrée dans le temps du carême, ne figure pas dans ces recettes de bonheur ! Sans doute ne suis-je pas seul à le voir revenir, chaque année, avec un peu d’appréhension, peut-être même de découragement. N’est-ce pas, pourtant, l’occasion que j’attendais de revenir à Dieu, de remettre un peu d’ordre dans ma vie dispersée, de m’occuper enfin de l’essentiel ? J’ai tellement envie de bien faire, de ne pas rester sourd à l’appel du Christ.
Je voudrais tant réussir mon carême ! Revenir à une prière plus régulière, rendre service aux autres, lire davantage l’Évangile, me rendre plus disponible pour mes proches, renoncer au superflu, faire l’aumône, cesser mes petits arrangements avec la vérité, résister à la colère… La liste de ce que je voudrais faire est si longue ! Et me voilà face au carême comme devant un dangereux exercice de trapèze : j’ai le vertige. Serai-je enfin à la hauteur de ce que Dieu attend de moi ?
Je sais bien que la tâche est trop difficile pour moi. Déjà, l’année dernière, et l’année d’avant, les mêmes efforts sincères n’avaient produit qu’un résultat décevant, bien loin des exigences radicales de l’évangile. On peut bien me parler des saints, ou de chrétiens héroïques qui, trapézistes prodiges, réussissent des figures acrobatiques étonnantes, avec aisance et souplesse. Je sais bien que moi, même avec beaucoup d’entraînement, je n’y arriverai jamais.
Alors à quoi bon réessayer ? Si c’est pour fêter Pâques avec pour seul bagage des espoirs déçus et un vague sentiment de culpabilité… Nous voilà en tout cas bien loin du bonheur proposé par les hebdos, et la promesse de Jésus ne semble résonner qu’avec une ironie cruelle : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance.»
Sauf à prendre Jésus au mot. Peut-être pouvons-nous vivre ce carême, non comme un impossible cahier d’exercices à remplir, mais comme un temps de vacances, comme un cadeau que Dieu nous fait, celui d’une vie pleine, joyeuse, accomplie. Non pas « faire le carême » - comme on fait ses devoirs - mais le recevoir. Plutôt que de chercher à accomplir ce qui fera plaisir au bon Dieu, je peux profiter de ce temps où Dieu va s’occuper tout spécialement de moi, me conduire avec patience, me parler, m’aimer.
Tout mon effort sera alors de le laisser agir, le laisser me donner, le laisser se donner à moi. Il faudra renoncer, bien sûr, à cette perfection que je rêve d’acquérir à la force du poignet. Mais est-ce bien la perfection que Dieu veut pour moi ? N’est-ce pas plutôt la sainteté, c’est-à-dire la vie avec lui ?
Cette voie-là est évidemment plus simple, et probablement plus efficace que la première : si Dieu prend les choses en main, sans doute y arrivera-t-il mieux que moi. Est-elle pour autant plus facile ? Ce n’est pas si sûr. Car si Dieu ne me demande pas de réussir d’époustouflantes acrobaties, acquises au terme d’entraînements intensifs, me menant toujours plus haut de trapèze en trapèze, il attend de moi une chose toute simple, qui ne réclame qu’un instant, mais plus exigeante que tout le reste : que je me laisse tomber dans ses bras.]]>